(English version below the slide show)
Le titre de ce post, qui signifie "il était temps d'y aller, donc ils sont partis", ne nous concerne pas. C'est ce que les indiens Hopi répondent quand on les interroge sur les raisons pour lesquelles leurs ancêtres les Anasazi ont soudainement disparu en abandonnant leus cités dans les falaises de Mesa Verde et alentours (Canyon de Chelly). Faut-il y voir de la sagesse, de l'espiéglerie, ou bien de l'ignorance déguisée ?
Toujours est-il que c'est une façon de penser et d'exprimer son opinion assez typique des indiens.
Hier, donc, nous avons passé une demi-journée dans Mesa Verde National Park.
L'intérêt principal de Mesa Verde, outre les paysages une fois de plus grandioses (notamment au lever et/ou coucher du soleil), ce sont ces cités Anasazi, construites à même la falaise, dans des immenses alcoves.
Après avoir vécu sur les plateaux au dessus des corniches vers 500 après JC, dans des maisons qui ressemblaient à des paniers tressés renversés et recouverts de boue, ils ont eu l'étrange idée de descendre dans le canyon pour y construire des maisons, puis des petites cités, dans les renfoncements des falaises.
Très bons agriculteurs, ils cultivaient sur le plateau, et y accédaient, du canyon, en prenant prise sur des trous qu'ils avaient auparavant eux-mêmes creés dans la paroi (tout en transportant aliments, eau, matériaux de constructions et outils sur la tête ou le dos !).
La cité que nous avons visitée est constituée d'environ 217 pièces et 23 kivas (dont une tour de 4 étage, ancêtre de nos HLM...), et on estime que 200 à 250 personnes y vivaient.
Cléo et Camille sont descendues à l'intérieur d'une kiva. Chaque famille ou clan en possédait une : il s'agit d'une pièce creusée dans le sol, à laquelle on accède par une échelle. Cette pièce servait aux cérémonies religieuses, à la guérison (ou aux tentatives de guérison) des malades. Elle permettait en hiver au clan de se retrouver afin de dormir ensemble au chaud.
Aujourd'hui encore, on reste le souffle coupé devant le talent d'architecture, compte tenu des moyens à leur portée (certes, nous construisions à l'époque des cathédrales, mais sur des places ouvertes).
Pendant que Camille et Cléo étaient à l'intérieur de la kiva, Serge s'est fait alpagué par le seul Park Ranger Américano-Suisse (Genève) de la terre. Entre autres saillies anti gouvernementales limites populistes ("C'est tous des salauds, et Obama, c'est pas parce qu'il est noir qu'il est mieux") et considérations historico-philosphiques ("Nous, en Europe, à la même époque, on était tous des esclaves. Ici, au moins, ils étaient libres"), il a eu cette phrase anthologique, que nous avons été à deux doigts de choisir comme titre de ce post, et que nous vous livrons telle quelle :
"Si y'a un taré qui sort son fusil et qui tire dans la foule, moi, j'ai un pistolet, et je suis capable de tirer dans la tête d'un mec à 15 mètres."
Il faut dire qu'il a fait son service militaire en Suisse, ça laisse des traces...
On pensait la journée remplie d'événements, et on était parti pour dormir paisiblement dans un camping perdu dans les montagnes du Colorado. Ce camping n'était pas comme les autres : rempli à ras bord de Texans (combien étaient capables de viser une tête à 15 mètres ?), d'une moyenne d'âge de 70 ans, le camping était en fait peuplé d'habitués (certains venaient là depuis 15 ou 20 ans...).
De mai à septembre, ils débarquent avec leur camping car gros comme 3 apparts parisiens, installent leur jardinet en face, et passent leur journée entre le mini-golf, le pédalo, la télé, le barbecue le soir et le square dance ensuite.
La voix que vous entendez, sortie du corps du sosie de Ronald Reagan, ne chante pas vraiment, vous l'aurez remarqué. En fait, il leur dit les figures à accomplir et les danseurs doivent s'exécuter, et en rythme.
Ce camping affiche une façade bon enfant et joueuse, et on a failli marcher. Mais notre enthousiasme a été sérieusement entamé quand nous avons discuté avec 3 jeunes français qui avaient passé l'été à travailler au camping. Ils nous ont raconté leur malheur, et notamment l'exploitation teintée de racisme qu'ils avaient subie. Heureusement, ils partaient le lendemain, leur calvaire se finissait.
Nous sommes également partis le lendemain, et avons roulé aujourd'hui sur plus de 700 km, car nous devons rejoindre Kansas City après demain matin. Demain, nous roulerons encore beaucoup, et il ne devrait pas se passer grand chose.
Peut-être aurons-nous la force de faire un petit bilan à chaud de ce mois sur la route.
A bientôt !
The title of this post does not describe what we're currently doing, but is the answer the Hopi Indians give when they are asked why their ancestors, the Anasazi, disappeared suddenly, leaving behind them their cities built in the cliffs of Mesa Verde and its surroundings (Canyon de Chelly). Should we interpret this as wisdom, mischievousness, or ignorance in disguise?
Whatever it is, it reflects precisely the way the Indians think and talk.
So yesterday we spent half the day in Mesa Verde National Park.
The main points of interest of the Park, other than its wonderful landscapes (especially when seen at sunset and/or sunrise), are the Anasazi cities built in the alcoves of the cliffs.
The first sign of life of those people dates from 500 AD, when they were leaving in basket houses (like a basket, but in reverse, with mud on top for the roof) on top of the cliffs. Much later they decided to climb down the canyon, to build large cities in the alcoves.
They were great farmers, and were cultivating their goods on top of the canyon. Then they were climbing down, using holes they had fixed themselves, and carrying food, water, construction materials and tools on their heads and backs.
The city we had the chance to visit was once made of approximately 217 rooms and 23 kivas (and even a 4-floor tower), and it is believed that 200-250 people lived in it.
Cléo and Camille went down a kiva. Each family or clan was owning one: it is a room formed by digging in the floor, and accessible with a ladder. It was used for religious ceremonies, healings, family gathering and dormitory in the winter.
Today, we are still amazed by the architectural skills of this people, especially when we take into account what tools and means they had at the time (granted: we were building cathedrals in Europe at the time, but on open and level sites!).
So while Cléo and Camille were in the kiva taking pictures, Serge met with the only half American hald Swiss Park Ranger in the whole wide world. The Ranger gently shared with him his anti governmental thoughts ("Bastards, all of them. And Obama is not better just because he's black...") and his historical and philosophical theories ("At this time, in Europe, we were all slaves, you know. At least, here, they were free."). But his key quote, which we almost chose as a title of this post, was the following:
"If a madman pulls out a rifle and starts shooting in the crowd, I have my gun and I can shoot someone in the head 15 meters away".
He also told us he made his military service in Switzerland, which may explain a lot of things...
We thought the day was over, and we would be able to sleep in a nice and quiet campground lost in the Colorado mountains. But how wrong we were... This campground was not like any other we have seen. First, it was full of 70-year-old Texans, and those guys were coming back here year after year (some of them have been doing this for 20 years!).
From May to Seprember, they come here with a motorhome as big as a Manhattan building, build up their tiny little garden (American flag and/or Texas flag in it, of course), and spend happy days playing mini golf, pedaling on the water, watching TV and dancing square dance every night.
The voice you can hear on the music (which belongs to a Ronald Reagan look alike), is not really singing, as you might have noticed. The guy is actually naming the figures the dancers have to do, in good rhythm of course.
This campground, which looks like a nice and fun place to stay at, turns out to be much less amusing from behind. We happened to talk with young French guys who were employed there for the summer, and they told us about their 2 months of slavery and racist abuse from the managers. They were happy because they were leaving on the next day. And so were we...
Today we drove more 450 miles, because we are due in Kansas City in two days to take our plane. Tomorrow, we'll drive a lot too, and nothing much should happen. If we are not too knackered, we'll try to write a little post about this month on the road.
Take care.
dimanche 30 août 2009
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Vous auriez pu vous filmer esquissant quelques pas de danse quand même!!!
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