jeudi 13 août 2009

"If you wanna see bears, then you're on the right road!"

(Ce post a été écrit hier, mais posté aujourd'hui, faute de connexion WiFi dans Yellowstone)

Des animaux, malgré les promesses des park rangers à l'entrée de Yellowstone ("Si vous voulez voir des ours, vous êtes au bon endroit"), nous n'en avons pas vu pas beaucoup à Yellowstone : quelques écureuils, des bisons égarés, des antilopes et des élans, mais pas d'ours (ce soir, nous dormons dans le parc de Yellowstone, et nous avons des consignes srictes concernant la nourriture, pour ne pas les attirer, les ours, donc on espère ne pas en voir cette nuit), et nous avons également entendu des coyotes dans la nuit d'hier à aujourd'hui. Du coup, Cléo en a profité pour faire une sieste.



Notre journée à Yellowstone a été sans grande surpris, finalement : des geysers, encore des geysers, toujours des geysers (qui puent, qui pètent, qui prennent leur cul pour une trompette). Nous avons heureusement fini la journée par le Canyon, magnifique. Mais nous étions trop fatigués (après une marche près des geysers en début d'après midi) pour nous ballader dans la vallée. Les photos de Camille témoignent de la beauté du panorama.



Au final, Yellowstone, question paysage, c'est un peu la Suisse (l'odeur en plus). Question trafic, c'est plutôt le périph aux heures de pointes (chaque bout d'animal aperçu à moins de 3 kilomètres de la route fait arrêter toutes les voitures et créé des embouteillages).
Par contre, malheureusement, de nombreux sapins ont brulé, et les paysages sont parfois assez désolés.

Ce soir, nous avons essayé de faire un barbecue, et le résultat est plutôt mitigé. Certes, nous avons réussi à manger les saucisses, mais elles étaient bien grillées à l'extérieur et limite cuites à l'intérieur.
Ce soir, nous nous couchons pas trop tard. Si les ours ne détruisent pas Harvey parce qu'ils auront senti les restes de saucisse planqués au fond du frigo (qui refonctionne après 2 jours sans), nous partirons demain pour Grand Teton (le parc préféré de Serge) pour une éventuelle ballade en bateau, puis en route vers l'Utah.

A bientôt.



(This post was written yesterday, but is published only today due to lack of WiFi in Yellowstone)

We didn't see that many animals, in spite of what the Yellowstone Park Rangers told us: squirrels, lone buffalos, few elks, but no bears (tonight, we're sleeping in the Park, and were told very strict rules regarding our food, to keep the bears away), but we heard coyotes last night. Cléo was so disappointed she decided to sleep.



Our second day in Yellowstone was not full of surprises and could be summed up in one word: geysers (smelling geysers - two words actually). Fortunately we finished the day in the Canyon, which is wonderful. But we were too tired to walk around (we had a walk around the geysers earlier in the day). Camille's pictures reflect the beauty of the landscape.



At the end of the day, Yellowstone's landscape reminded us of Switzerland (add the smell and there you are!). When it comes to traffic, it reminded us of Paris (add the animals, and there you are!). Each time someone sees (or thinks he sees) an animal, he stops his car in the middle of the road, gets out and tries to take a picture...
Unfortunately, a lot of trees have burnt in a recent fire, and sometimes the landscape is really sad.

Tonight, we tried to have a barbecue, and the least we can say is that it didn't turn out too well. We ate half burnt half raw sausages...
The good thing is that tonight we're going to bed early. If the bears don't destroy Harvey because they will have smelt the sausages stuffed at the back of our now working fridge (it stopped working for 2 days - really scary), we'll be leaving tomorrow for Grand Teton (translate it from French in your language and you'll see why it's Serge favorite Park) for a possible ride in a boat, and then we'll head for Utah.

Take care!

mardi 11 août 2009

"Hé ! je vous préviens que j'ai un point de côté au pied !"

Cléo qui marche plus de 5 minutes, c'est tout un poème...
Car oui, aujourd'hui, pour la première fois depuis notre départ, nous avons marché ! Evénement assez rare pour être souligné, dans ce pays où tout, jusqu'à la petitesse (voire l'absence) des trottoirs en ville, est conçu pour la voiture.
Mais n'anticipons pas trop, car la journée avait commencé à Cody, ville de Bufallo Bill (William F. Cody), et capitale mondiale du rodéo (donc capitale également du bon goût, vous l'aurez compris).

Le matin, nous avons visité le Buffalo Bill Historical center, qui est en fait une réunion de 5 mini musées. Nous avons passé pas mal de temps dans celui consacré aux Indiens des plaines (on y parle beaucoup de leur mode de vie passé, mais étonnamment on ne s'étale pas sur les réserves et Wounded Knee...), puis arpenté rapidement ceux sur les animaux, l'épopée de Lewis and Clark et Buffalo Bill lui-même.



Nous avons préféré nous rendre chez sa fille, Irma. Le restaurant qu'elle tenait porte toujours son nom (car oui, elle est morte il y a bien longtemps) et on y mange d'excellents Burgers au bison (approuvés par Serge).

Sur le chemin vers Yellowstone National Park, petit arrêt à Old Trail Town. Cette rue a été créée, sur le site historique de Cody, à partir de maison datant du 19ème siècle, récupérées à droite à gauche dans le Midwest. Des bandits célèbres (Butch Cassidy, The Kid, Jeremiah Johnson - oui, on sait, c'est pas un bandit, mais bon) ont même séjourné dans certaines d'entre elles !



On pensait que ce serait plus folklorique qu'autre chose, mais en fait c'était assez sensationnel, et très instructif (nombre hallucinant de photos prises par Camille, dans le diaporama plus bas).

Nous sommes ensuite partis vers Yellowstone National Park, le fameux site blindé de geysers. Et là, nouvelle claque devant le paysage (même si les incendies ont ravagé une partie des arbres, ça reste très beau). Des lacs, des montagnes, des pins, des geysers, le tout grandeur made in the USA, of course.
On n'a pas résisté et on s'est fait une ballade d'une heure dans la forêt (ballade qui nous a valu la phrase collector de Cléo) avant de repartir, très tard, vers l'ouest du parc, pour aller dormir dans un gros camping d'une chaîne appelée KOA (à éviter : sale, nul, 2 - et moche).



En sortant du parc, en plein crépuscule, la musique du Seigneur des anneaux à fond les balais (merci Howard Shore), nous avons vu plein d'animaux sur les bas côtés, et aussi un bison qui marchait tranquillement en plein milieu de la route. Camille a d'abord cru à un ours, et a frôlé la crise cardiaque, mais heureusement ce n'était qu'un pacifique bison.

Ayé, le retard d'écriture est rattrapé (pour combien de temps ?...), et nous partons ce matin pour notre deuxième jour (et notre première nuit) dans Yellowstone National Park, avec notamment le Yellowstone Canyon au programme !

A bientôt.



This time, the title is in French, because it comes from Cléo: "I have a stitch at the foot" (hope the translation reflects the humour). When Cléo walks more than 5 minutes, it just is so funny...
Because yesterday, for the first time since we left, we walked! In this country where everything is arranged so that you can stay in your car, it's quite an event.
But let's begin where it all started, in the morning, in Cody, hometown of William F. Cody, aka Buffalo Bill, and capital of the Rodeo (and good taste, as you might have guessed).

In the morning, we visited the Buffalo Bill Historical center, which is actually a reunion of 5 small museums. we spent a lot of time in the one devoted to the High Plains Indians, and went quickly through some of the others, including the one on Buffalo Bill himself.



Then we went to eat at Irma's (Bill's daughter - she no longer owns the place, of course, but her name is still on it). They serve delicious buffalo burgers (Serge certified).

On the way to Yellowstone National Park, we stopped at the Old Trail Town. This street was created on the historical site of Cody, with authentic houses from the 19th century, found here and there in the Modwest. Famous adventurers and outlaws used to gather in some of them (Butch Cassidy, The Kid, Jeremiah Johnson...).



We thought at first it would be a bit phony, but it turned out to be quite sensational (see all the pics by Camille in the slide show above) and very interesting.

And then we left for Yellowstone National Park, famously known for its numerous geysers. The landscape was (again) breathtaking, in spite of all the trees burned in a big fire some ten years ago. Lakes, mountains, pines, geysers... US size of course! We couldn't resist and went walking in the forest for an hour, before leaving to go an sleep in a KOA Kampground (big chain, very busy, ugly... We should have known just by looking at the way they write campground...).



In the West end of the park, listening very loudly to the Lord of the rings soundtrack (thank you Howard Shore), we saw any animals on both sides of the road. There even was a buffalo walking in the middle of the road. At first Camille thought it was a bear, and almost had a heart attack. Fortunately it was only a peaceful buffalo...

So now we caught up with the writing (for how long?...) and are now leaving to spend our second day (and first night) inside Yellowstone National Park. We will see the Yellowstone Canyon, which should be amazing too.

Take care.

"Don't use the brakes, drive in second gear only"

Ces deux couples d'américains (fort sympathiques, Camille aime à le souligner...) nous ont vraiment sauvé la vie, lors de la descente infernale des Bighorn Mountains. L'endroit est fabuleux, surtout vers 18-19h, lorsque le soleil commence à descendre sur l'horizon.
Un torrent coule au fond de la vallée, flanqué de chaque côté des falaises escarpées à la couleur jaune. On dirait qu'un géant s'est amusé à briser en gros morceaux les montagnes pour les jeter.
La descente, donc, est longue, raide, avec des virages serrés. Sentant une odeur de plastic chaud, nous avions décidés de nous arrêter pour soulever le capot. Sur la petite aire de repos, un énorme camping car attendait, avec ses 4 occupants assis sur la rembarde. Voyant Serge se battre avec le capot pour essayer de l'ouvrir, ils sont spontanément venus nous aider.
Ils nous ont expliqué que l'odeur de chaud venait des freins, qu'il fallait les laisser refroidir sans quoi ils pouvaient fondre, et qu'à l'avenir il nous fallait utiliser les vitesses (le comble pour une boite automatique) pour que le frein moteur fasse son travail.
S'en est suivie une petit discussion amicale (ils sont sympas ces ricains), pendant laquelle nous avons notamment appris 2 choses :
  1. Un des couples s'était marié la veille dans la chappelle de Wall Drug (cherchez pas la ville, il s'agit d'un magasin...)
  2. Le plus grand rassemblement de bikers du monde venait de se terminer dans les parages (d'où les 11 000 motos aperçues en 3 jours)

Le matin, nous avions eu un réveil un peu décevant, au bord du lac où nous avions campé. Le site est certes magnifique, mais quand il fait beau ! Il avait plu toute la nuit, et le camping car était glacial...
Nous avions donc décampé sans même prendre de douche (beuark), en direction de Little Big Horn Battlefield, situé dans la réserve Crow, Montana. C'est là que Custer, le taré tueur d'indiens, prit une énorme patée infligée par une coalition de Sioux et de Cheyennes.
Le site est impressionnant, les tombes des soldats américains et des guerriers sioux sont dispersées sur toute la zone, blanches pour les uns, rouges pour les autres... C'est là que nous avons déjeuné : il faut croire que les tueries ouvrent l'appêtit...

Le soir, nous sommes arrivés à 21h au camping (ça devient une habitude...) à Cody, ville de Buffalo Bill ! Demain, visite de la ville et entrée dans Yellowstone National Park (en fait, c'est ce qu'on a fait aujourd'hui, mais on a un jour de retard sur nos articles, et on arrive pas à le combler - ça devrait pas s'arranger demain, vu qu'on n'aura pas d'accès Internet dans notre camping).

A bientôt !



If those 2 (nice, as usual - isn't it true, Camille?) american couples hadn't warned us about the brakes and the use of the gears when going downhill in the Bighorn Mountains, who knows where we would be right now... The place is really beautiful, especially around 6-7pm when the sun is quietly setting on the horizon.
It's a long and difficult way down, with a lot of tight curves. We stopped on a small rest area because we were smelling something hpt coming from under the bonnet. Another (bigger) RV was there, with its 4 occupants sitting patiently outside. They saw something was bothering us (or maybe the sight of Serge trying to break the bonnet to open it warned them) and came to us to help. They explained that even this is an automatic gear car, you should use the gears when going downhill, otherwise the brakes might get so hot they will burn and melt.
We talked with them while we were all waiting for the brakes to cool down, and we learned 2 things:
  1. One of the couples got married the day before in the Wall Drug Chapel (Wall Drug is not a city but a general store)
  2. The biggest Harley Davidson related event in the world had finished 2 days earlier in the area (hence the - too - many bikes we saw)

If the day ended well, it had started pretty badly, waking by the lake (very nice) but under a heavy rain and a clouded sky. We left immediately (no shower, nothing...) for Little Big Horn Battlefield, in the Crow Reservation, Montana. This is where Custer the Indian killer madman got ripped apart by a coalition of Sioux and Cheyenne Indians. The place is really impressive, with the graves (white for the American army, red for the Indians) dispersed on the battlefield itself.
So, as we usually do on massacre sites, we decided to have lunch.

Again, we arrived pretty late at the campground in Cody, hometown of Buffalo Bill. Tomorrow we'll be visiting the city, and then leave for Yellowstone National Park (this is actually what we did today, but we are one day behind in writing, and this will get worse tomorrow since we're sleeping in a non-WiFi campground - will Serge survive? Stay tuned!).

Take care.

lundi 10 août 2009

"It's blowing like hell but the view's awesome!"

(English version below the slide show)

Comme nous l'a fait remarqué ce sympathique touriste américain, il soufflait fort sur les Badlands. Et c'est vrai qu'on a eu le souffle coupé, par le vent mais aussi par la vue.
Les Badlands, comme vous pourrez le constater dans le diaporama plus bas, c'est à tomber par terre. On en a eu les larmes aux yeux et, pendant toute la traversée, on n'arrêtait pas de se dire : "Non mais t'as vu comme c'est beau, c'est carrément magnifique ! Allez, on rend pas Harvey et on reste ici !". On comprend mieux pourquoi cet endroit était sacré pour les tribus indiennes des environs. On sent ici toute la puissance de la terre irradiée.
Il faut dire que les montagnes arrivent tout d'un coup, sans prévenir, après des heures de route dans les plaines, et c'est comme un grand coup de théâtre que la nature a orchestré il y a des milliers d'années.
Bref, c'est tellement beau qu'on en devient lyrique... surtout Camille...

En fait, nous avons traversé le South Dakota d'est en ouest et c'est vraiment un très bel Etat. On commence par le la plaine herbeuse sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, sans un patelin, rien que de l'herbe et le ciel immense. Et puis, tout à coup, les Badlands : des couches sableuses polychromes qui montent en cheminées creusées, ravinées, dans un paysage aride et grandiose.
Et puis, de nouveau la plaine de la réserve Sioux de Pine Ridge - une zone finalement assez habitée par rapport aux plaines alentours. Nous avons déjeuné sur le site de Wounded Knee, lieu du dernier massacre d'indiens par l'armée américaine, en 1890 quand même.



Nous avons discuté avec quelques indiens qui attirent les touristes sur le site pour leur vendre leur artisinat (30 dollars, c'est pour la bonne cause). Ils étaient curieux de savoir d'où nous venions et où nous allions.

Malgré la pauvreté et le délabrement qui sautent aux yeux, on ne peut s'empêcher d'êtres soulagé de voir qu'ils sont toujours là.
Pendant que nous grimpions sur la colline du cimetière, on entendait au loin, les battements de tambour d'une danse du soleil. Leur mode de vie, leur culture, ne sont pas perdus. Qui sait de quoi leur avenir sera fait ?

Nous avons continué en direction du Mount Rushmore, en traversant le Custer State Park : Forêt, virages en épingle à cheveux, bisons en liberté, bikers en liberté (mais d'où sortent-ils, par milliers ?).



Tout cela dans un même Etat, et dans une même journée. 9h de conduite pour Serge, entrecoupées de pauses (notamment le goûter de Cléo, dans la forêt, face aux présidents sculptés par Gutzon Borglum (vus de loin, mais vus tout de même !).

Comme cela devient un rituel, nous avons attéris tard, très tard, dans un camping. C'est d'autant plus dommage car celui-là était au bord d'un lac, dans le Wyoming, dans le parc de Keyhole.
Une soupe de tomate, et puis au lit, pour avoir des forces pour aller sur le champ de bataille de Little Big Horn demain !

Merci à tous ceux qui nous lisent et font des commentaires. Généralement, on les lit au réveil, le lendemain, et ils nous font très plaisir.
Réponse au robot parano : Camille a entendu parler de Pipestone sur le site de l'AIM.
A bientôt !



This nice American tourist was right: the wind and the view did blow our mind!
As you can see for yourself in the slide show above, the Badlands are amazing. As we were driving through the area, we kept saying to each other "Did you see that? Isn't that incredible? Let's keep Harvey and stay here!". We certainly understand why this place is sacred for several Indian tribes. you can feel the power of the earth.
The mountains appear suddenly, after hours of driving in the high plains, as if nature had planned a coup.
So we crossed South Dakota from Est to West, and it is truly a beautiful state. Nothing but high plains for miles, and then the terrific Badlands, in this epic and arid landscape.

And then back to the plain, when entering Pine Ridge Reservation - an area with more houses than the preceding plains. We had lunch near Wounded Knee, where the last Indian massacre was perpetuated by the American Army (see photo above).
We talked with a couple of Indians who bring tourists to the site to sell bracelets, necklaces and dream catchers that they craft. They wanted to know where we were coming from and where we were heading.
In spite of the poverty, you can't help but being relieved to see that they are still here. As we were climbing the small hill towards the cemetery, we could hear the drums of a Sundance somewhere, not too far away.

We then drove towards Mount Rushmore, through the Custer State Park: forest, tight curves, free buffaloes, free bikers (see video above).

All this in one day (9h drive for Serge) and, as it usually happens now, we arrived very late in our campground (which is a pity because it was located in the Keyhole Park, by the lake, and was really beautiful).
We had a quick tomato soup and rushed into bed, to get strength to go and see the Little Big Horn Battlefield tomorrow!

Take care.

samedi 8 août 2009

"Oh, you made it guys!"

C'est avec ces mots (en français, "Oh, vous y êtes arrivés") que Susan Belcourt, femme indienne du Minnesota, nous a accueillis au rassemblement de la Pipe Sacrée, à Pipestone. Ne cherchez pas les photos dans le diaporama plus bas, il était interdit d'en prendre. La danse du soleil que nous avons vue restera d'autant mieux gravée dans notre mémoire.
Après avoir marché pendant une vingtaine de minutes (c'est à dire 2 fois plus que la distance totale marchée par un américain sur un an), nous sommes arrivés au milieu d'un champ, où des indiens des plaines avaient installé leur campement, a proximité des carrières sacrées dans lesquelles, depuis des siècles, ils trouvent la pierre pour fabriquer leurs pipes sacrées (le fameux calumet de la paix).
Ce n'est que depuis 1950 que les indiens sont de nouveau libres de pratiquer leur religion. Susan nous a expliqué que la danse du soleil était un moyen de souder la communauté. Cette cérémonie dure 4 jours, pendant lesquels les participants, volontaires, jeunent et dansent autour d'un poteau, en regardant le soleil, avec des sifflets en os dans la bouche. Certains choisissent de placer sous leur peau des petits batons reliés par une corde au poteau. La danse se termine alors lorsque la peau rompt et que le baton tombe. Ainsi, à l'image de la femme qui souffre en mettant au monde, l'homme se met au monde une seconde fois.
Nous sommes donc arrivés au sein d'un tout petit comité, très intimiste, composé d'indiens mais aussi de blancs convertis. C'était fascinant d'être assis parmi eux, entourés de vieux indiens à tresse, en train de sculpter leur calumet ou de mettre la dernière touche à une aile d'aigle à la poignée à la cuir (elles servent lors de la cérémonie).
Pendant 2 heures, nous les avons regardé danser au son des tambours et des chants (les mêmes qui ont endormi Cléo), et nous sommes repartis dans un état second (Cléo tient absolument à vous faire savoir qu'elle était à moitié endormie seulement).

Changement d'ambiance pour la suite : nous sommes entrés pour la première fois de notre vie dans un Wal-Mart. Wal-Mart, en gros, c'est Carrefour + Decathlon + Leroy Merlin + FNAC dans un seul espace, plutôt de l'ordre du gigantesque vous l'aurez compris. On voulait y passer rapidement (fallait tout de même conduire 1 heure pour y arriver) et on est reparti au bout de 2 heures. Serge a enfin pu acheter l'appareil pour brancher son iPod sur la radio, à nous la musique dans la voiture !
On avait des bières dans notre caddie, et pas nos passeports sur nous. Le permis de conduire de Serge ne leur a pas plu ("C'est pas écrit en anglais, tant qu'on n'est pas sûr que vous ayiez au moins 40 ans, on ne vend pas d'alcool sans pièce d'identité, gnagna gnagna..."). Après un aller retour rapide vers le camping-car pour prendre le passeport de Serge (les gens derrière nous à la caisse ont du nous maudire...), vérification de la date de naissance ("C'est où la date de naissance, c'est là ?" "Oui, car si on regarde la date en dessous, ça veut dire que j'ai 5 ans..." ; il s'agissait de la date de délivrance du passeport), la conversation s'engage avec cette connasse de chef caissière :
Connasse : "Alors, vous êtes venu faire quoi ici ?"
Serge : "Boire"
Camille (sourire gêné) : "Voyager !"
Connasse : "Voyager ? Pour quoi faire ?"
Serge : "Ben pour voyager"
Camille (re-sourire gêné) : "Pour voir le pays, découvrir les paysages..."
Après nous avoir fait comprendre qu'elle trouvait ça idiot de voyager pour voyager, la connasse est repartie faire chier d'autres gens.

Forts de nos provisions, nous avons fait notre premier vrai repas dans Harvey, puis nous sommes étalés dans le lit, pour notre première nuit digne de ce nom.

Réveil à 8h le lendemain matin (on progresse, on progresse...) puis départ aussitôt : direction les Badlands !
Nous avons roulé pendant 7 heures dans les plaines du Dakota du Sud, avec devant nos yeux des paysages fabuleux. L'arrivée dans les Badlands, notamment, avec les prémices des premières Black Mountains (montagnes à la roche noire, très escarpées), était fabuleuse.

Nous sommes au camping de Sleepy Hollow de Wall (rien à voir avec la magie de Tim Burton, on vous rassure), et un orage pointe le bout de son nez (gros éclairs et vent à retourner une voiture européenne, mais pas un camping car américain). Nous reprenons la route dès demain matin, avec un gros programme en vue : Mount Rushmore, Wounded Knee, Lone Pine, Custer, etc etc.

A bientôt !



"Oh, you made it guys!", said Susan Belcourt, an indian woman from Minnesota, to welcome us at the Sacred Pipe gathering, in Pipestone. Don't look for pictures in the side show above, they were not allowed. This will make us remember the sundance even stronger.
We walked for 20 minutes (do Americans ever walk?) and arrived in the middle of a field, where the indians had settled their campground, next to the quarry where, for centuries, they have been digging for the pipe stone.
It was only in 1950 when they were were given freedom of worship. Susan explained that the sundance was a means to strengthen the community. The ceremony lasts 4 days, during which the participants dance for 4 days around a tree, looking at the sun, with bone whistles in the mouth, without eating. Some of them choose to have little sticks placed under their skin, tied to the tree with a rope. The dance ends when the skin breaks and the sticks fall. Thus, as the woman suffers while giving birth, they are giving birth to themselves, a second time.
We arrived in this little group of people (indians but also converted white people): it was fascinating to sit among old indians working on their pipe or their eagle wing (those are used during the ceremony).
During 2 hours, we watched them dance to the singing and the sound of drums (Cléo fell asleep to those very sounds), and left in a strange state of mind (now Cléo wants to point out that she was only half asleep).

And now for something completely different: for the first time of our lives, we entered a Wal-Mart. We intended to shop quickly, but anyone who ever entered one of this super-mega-giga-store (food, electronics, DIY, sports), knows that this is not possible. We stayed there for 2 hours, and Serge left happily, having bought the device to plug his iPod to the car radio sound system. Hurray: music for us!!
We also had beers in our trolley, and our passports not with us. Serge's French driver's license did not convince the employee ("It's not written in English, and unless we believe you're over 40, we can't sell you alcohol without an ID, blabla blabla..."), and so she called her boss, who immediately asked for a passport. Serge rushed to the RV to fetch his passport (nice shopping experience for the people waiting behind us...) and showed it to the bitch. After she finally checked his birthdate ("Is that the birthdate here?" "Yes, because if you look at the date it means I'm 5" - she was looking at the passport issue date), she tried to be nice and talk to us:
Bitch: "So what have you guys come here for?"
Serge: "Drinking"
Camille (awkward smile): "Traveling!"
Bitch: "Traveling? What for?"
Serge: "For traveling"
Camille (other awkward smile): "You know, discovering America, see the landscapes..."
After she made it clear she thought it was worthless traveling for traveling, she left to bother other people.

With our groceries, we had our first real meal in Harvey, and then fell into bed, for our first decent night.
We woke up at 8am (getting better...) and headed towards the Badlands!
We drove for 7 hours in the South Dakota plains, seeing wonderful landscapes. The arrival in the badlands was really something, with the premises of the first Black Mountains.

We are now writing from the Sleepy Hollow Campground in Wall (not as magical as a Tim Burton movie, as you might have guessed). There's a storm raging nearby, we can see the thunder and feel the wind. We'll be hitting the road early tomorrow morning, we have so much to see: Mount Rushmore, Wounded Knee, Lone Pine, Custer, etc.

Take care!

jeudi 6 août 2009

"You're from outta town, right?"

(English version below the slide show)

Cette phrase-là, qui signifie "Z'êtes pas d'ici, vous ?", on a bien du l'entendre une dizaine de fois à Kansas City, hier. Pour acheter les tickets dans le bus (ils rendent pas la monnaie, ils font des avoirs...), pour acheter des immondes sandwichs dans un rade le soir (le mot petit n'existe pas)...
A chaque fois, ceci dit, c'est prononcé avec beaucoup de gentillesse et de patience (oui Camille, les américains sont gentils), et quand ils se rendent compte que non seulement nous ne sommes pas de la ville, ni de l'Etat, ni même encore du pays, ils ouvrent de grands yeux (certains nous demandent ce qu'on vient faire ici, ce qui n'est pas forcément rassurant...).

Après une première nuit affreusement chaude et horriblement courte (réveil à 5h du mat), nous avons tué le temps toute la matinée, avant d'aller chercher le camping-car en tout début d'après midi, en essayant de jouer les touristes dans le centre de la ville. Nous avons donc errés dans les immenses avenues, le nez en l'air, entourés de buildings virtigineux.
C'est un peu banal, mais le premier mot qui vient à l'esprit, c'est "gigantesque". En bons européens que nous sommes, nous avons du mal à nous repérer dans une ville sans centre, sans "vieux centre", plutôt.

Nous avons fini la matinée dans un centre commercial (beaucoup moins dépaysant), et notamment dans un restaurant conçu autour du thème des chemins de fer, où le repas passe au dessus des têtes, tiré par un train :



Et puis, finalement, nous avons fait connaissance avec Harvey (nom original pour un RV, vous ne trouvez pas ?). C'est un bel engin, énorme bien sûr, impressionnant au début mais Serge a rapidement su comment dompter la bête.
Après 8 heures de route (on a inauguré la route en se paumant au sud de Kansas City, bon présage...), nous sommes arrivés au camping de Pipestone à minuit passé. Cléo dormait depuis longtemps, et nous avons eu tôt fait de la rejoindre.

Nous nous sommes réveillés encore un peut tôt (7h, y'a du progrès) et nous apprêtons à aller au rassemblement de la Pipe Sacrée, près du National Monument de Pipestone. Nous vous en dirons plus la prochaine fois.

A bientôt.



Many times yesterday, in Kansas City, have been asked whether we were "from outta town" or not. In the bus (they don't give change, but a card for you to take another ride with), when ordering food (there is no small size)...
But they always say it with kindness and patience (see Camille, the Americans are nice people). And when we tell them that we're not from another town, nor another state, nor even another country, they open their eyes wide (some of them ask what the hell we're doing there...).

The first night was terribly warm and awfully short (5am wake up time), so we decided to go downtown to have a walk, before we would get the motorhome in the afternoon. We wandered through the large avenues and the tall buildings, always looking up in the sky. It may sound cliché, but for us small Europeans, everything looks huge, and we are a bit lost in a city without the usual "old city center".

We ended in a shopping mall (this we are used too), and more specifically in a restaurant designed on the theme of railroads. Food is traveling overhead, pulled by toy trains (see video above).

And then, finally, we got to meet Harvey (original name for an RV, innit?). It's a huge thing, of course, but it took Serge no time to tame the beast.
We drove for 8 hours (yeah, we got lost in the south of Kansas City, nice way to start...) and arrived at the Pipestone Campground after midnight. Cléo was long asleep, and we went to bed as soon as were were electrically hooked up.

Now we're getting ready to go the Sacred Pipe Gathering in Pipestone National Monument. More on that later.

Take care.

mercredi 5 août 2009

"Vous avez été surclassés !"

(English version below the pictures)

Hôtesse Air France : "Bonjour, vous vous êtes présentés au salon Lounge ?"
Serge et Camille : "Euh... non. Pourquoi ?"
Hôtesse Air France : "Parce que vous avez été surclassés : vous allez voyager en classe affaires !"


C'est ainsi qu'a commencé notre journée à Roissy, ce mardi 4 aôut. Ca démarrait plutôt bien...
Pour ceux, comme nous, qui n'ont jamais voyagé en business, voici ce que cela signifie :
  • Salon V.I.P. avant de monter dans l'avion (bon, on est arrivés trop tard pour ça, Camille était verte)
  • Coupage de file monstrueux au contrôle des billets
  • Champagne avant de décoller
  • Siège totalement inclinable (Serge a enfin dormi dans un avion)
  • Champagne à l'apéro
  • Vrai écran de télé
  • Champagne au repas
  • Champagne au réveil de la sieste
  • Champagne pour la collation
  • Champagne pour dire au revoir
On risque peu de reboire du champagne pendant un mois, mais Camille a fait des réserves.
Le deuxième vol, d'Atlanta à Kansas City, a été beaucoup moins idyllique...

Finalement, après un voyage, porte à porte, de 16h, nous étions dans la piscine pour un bain de minuit à 17h heure locale, dans la fournaise de Kansas City (35°C, pas un brin de vent, 2 litres de transpiration perdus à chaque mouvement de tête).
Après un dîner rapide (mais pas léger), nous rentrons à l'hôtel et nous écroulons sur nos lits, morts de fatigues et accablés par la chaleur.
Quelques minutes avant de commencer à écrire ces lignes, à 7h du mat, Serge vient de trouver comment fonctionne la clim de la chambre...

A bientôt !



Air France Hostess: "Did you go to the Air France Lounge?"
Serge & Camille: "Er... no. Why?"
Air France Hostess: "You guys got upgraded to business class!"

This is how it all started, Tuesday morning, at Roissy Airport. Pretty good, uh? If, like us, you never traveled business, this is what it means at Air France:
  • V.I.P. Lounge before boarding (OK, we were late for that, Camille was so upset)
  • No waiting line at boarding
  • Champagne welcome before taking off
  • Seat you can turn into a bed (Serge finally got to sleep in a plane)
  • Champagne before lunch
  • Real LCD adjustable TV
  • Champagne during lunch
  • Champagne after the nap
  • Champagne for the light meal
  • Champagne to say good bye
Let's face it: we may never drink Champagne again in the US, so Camille really made it sure she would not regret it.
The second flight, from Atlanta to Kansas City, was a wee bit less perfect...

So, after 16 hours of traveling, we ended up in the hotel pool at 5pm local time, for a midnight bathing in the incredible dry heat of Kansas City, where turning your head to the right and then to the left makes you loose 2 liters of sweat.
After a light meal (well, we tried to make it light...) we went to bed, exhausted and warm.
Just a few minutes before we started writing this post, at 7am, Serge found how to turn on the air conditioning...

Take care!